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Confiance en soi

Comment aider un enfant à s’affirmer (et à oser dire non)

Par Candice Anzel · 7 min de lecture

À la récré, c’est toujours lui qui prête son ballon et ne le récupère jamais. Au restaurant, il n’ose pas dire que son plat n’est pas le bon. Quand un copain lui demande quelque chose, il dit oui, même quand il n’a pas envie. Et le soir, il vous raconte, un peu triste : « Je n’ai pas osé. »

S’affirmer, ce n’est pas être autoritaire ni agressif. C’est savoir dire ce qu’on pense, ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas, en respectant l’autre et en se respectant soi-même. Ça s’apprend, comme le vélo : avec de l’entraînement, des chutes et quelqu’un qui tient la selle au début.

Les trois façons de réagir

Avec les enfants, j’utilise souvent l’image de trois animaux :

  • Le paillasson (ou la souris) : il se laisse faire, n’ose rien dire, fait passer les autres avant lui. Il évite le conflit, mais il accumule de la frustration et de la tristesse.
  • Le hérisson (ou le lion) : il attaque, crie, impose. Il obtient parfois ce qu’il veut, mais au prix des relations.
  • La girafe : elle a un grand cœur et une vue d’ensemble. Elle dit calmement ce qu’elle ressent et ce dont elle a besoin, sans écraser l’autre.

Demandez à votre enfant : « Aujourd’hui, à la récré, tu as été plutôt souris, lion ou girafe ? » Ce petit code permet d’en parler sans jugement, et de chercher ensemble ce que la girafe aurait dit.

Pourquoi certains enfants n’osent pas

  • Peur de ne plus être aimé : « si je dis non, il ne sera plus mon copain ».
  • Peur du conflit : surtout chez les enfants sensibles, pour qui la moindre tension est très désagréable.
  • Manque de confiance en soi : « ce que je pense n’est pas important ».
  • Manque d’entraînement : tout simplement, il ne sait pas quoi dire ni comment.

5 façons de l’aider à s’affirmer

1. Lui apprendre que « non » est une phrase complète

On a le droit de dire non sans se justifier pendant dix minutes. Entraînez-vous à la maison avec des situations simples : « Tu veux me prêter ton jouet préféré ? » — « Non, pas celui-là. Je peux te prêter un autre. » Félicitez-le à chaque fois qu’il ose.

2. Les jeux de rôle

C’est l’outil le plus puissant. Rejouez une situation qui lui a posé problème : vous jouez le copain qui prend le ballon, il s’entraîne à répondre. Puis on inverse les rôles. On rit, on exagère, on recommence. Le cerveau enregistre la nouvelle réponse ; le jour J, elle sortira plus facilement.

3. Le message « je »

Une formule simple à apprendre : quand tu… je me sens… j’aimerais…

« Quand tu prends mon ballon sans demander, je suis fâché. J’aimerais que tu me demandes avant. »

On parle de soi plutôt que d’accuser l’autre (« t’es nul »). C’est plus facile à dire, et plus facile à entendre.

4. La posture de la girafe

S’affirmer passe aussi par le corps : se tenir droit, pieds bien ancrés au sol, regarder l’autre, parler d’une voix posée. Jouez à marcher « comme une souris », « comme un lion », puis « comme une girafe ». Il sentira la différence dans son corps, et pourra retrouver cette posture quand il en a besoin.

5. Lui laisser de la place à la maison

Un enfant qui a le droit de donner son avis à la maison (sur le menu, la sortie du week-end, la décoration de sa chambre) apprend que sa parole compte. Demandez-lui son opinion, et tenez-en compte quand c’est possible. Il a aussi le droit de vous dire non, à vous, sur certains sujets : un bisou à une tante, un câlin quand il n’a pas envie. C’est là qu’il apprend que son « non » est respecté.

Le petit défi de la semaine : proposez-lui une mission d’affirmation par jour, toute petite. Commander lui-même sa baguette à la boulangerie, demander à la bibliothécaire où sont les BD, dire à un copain quel jeu il préfère. Chaque mission réussie est une brique de confiance.

Quand se faire accompagner ?

Si votre enfant ou votre ado se laisse régulièrement marcher sur les pieds, s’il est mis à l’écart ou pris pour cible, s’il souffre de ne pas oser, un accompagnement peut l’aider à prendre sa place. En séance, on travaille la confiance, l’affirmation de soi et la gestion du regard des autres, avec beaucoup de jeux de rôle et des exercices à refaire à la maison.

Vous vous reconnaissez dans cette situation ?

Chaque enfant est différent. En séance, on part de votre situation pour trouver ce qui marche vraiment chez vous. Au cabinet du 17e ou en visio.

Vous hésitez sur ce qui freine votre enfant ? Faites le test en 3 minutes →

Candice Anzel, coach parentale et scolaire, hypnothérapeute et sophrologue à Paris 17e. Ancienne professeure des écoles, auteure (Flammarion, Marabout) et chroniqueuse TV. En savoir plus

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