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Communication

« Ça s’est bien passé ? » « Bof. » Quand votre enfant ne raconte rien de sa journée

Par Candice Anzel · 6 min de lecture

16 h 45. Il pose son cartable, attrape un goûter. « Alors, ta journée ? » « Bien. » « Tu as fait quoi ? » « Rien. » Et il disparaît. Vous voilà seul dans la cuisine, avec une pointe d’inquiétude : il me cache quelque chose ?

Le plus souvent, non. Un enfant avare de mots n’est ni un enfant malheureux, ni un enfant qui vous tient à distance. Il y a presque toujours une explication beaucoup plus simple.

Trois raisons fréquentes à ce silence

Ses batteries sont à plat

Imaginez la fin d’une longue journée de travail : réunions, open space bruyant, impossible de souffler. Et à peine la porte passée, quelqu’un vous presse : « Alors, raconte ! » Vous aussi, vous auriez envie de répondre par un grognement.

Votre enfant sort de six heures d’efforts : écouter, rester assis, gérer le vacarme de la cantine et les histoires de copains. À 16 h 45, il n’a plus d’énergie pour un compte rendu. Ce silence-là, c’est de l’épuisement, pas un refus.

Chacun son tempérament

Il y a les enfants « radio », qui commentent tout en direct dès le seuil de la porte. Et il y a les enfants « album photo », qui rangent d’abord leurs souvenirs et ne les montrent que plus tard, quand ils l’ont décidé. Aucun des deux n’est meilleur que l’autre. Un enfant discret n’a rien à réparer.

La question ferme la porte

« Ça s’est bien passé ? » n’appelle qu’un mot en réponse. « Tu t’es encore fait gronder ? » sonne comme un procès. « Tu es sûr que tout va bien ? » lui transmet notre angoisse. Sans le vouloir, on lui fait passer un entretien… et il esquive.

4 façons de lui donner envie de parler

1. Respecter un temps de décompression

Quinze minutes de goûter et de calme, zéro question. C’est souvent bien plus tard, au bain ou au coucher, que les anecdotes refont surface.

2. Poser des questions qui donnent envie de répondre

« C’est quoi le truc le plus drôle qui s’est passé aujourd’hui ? »
« Avec qui tu as joué à la récré ? »
« Si tu pouvais refaire un moment de ta journée, ce serait lequel ? »

3. Ouvrir le bal vous-même

Racontez un morceau de votre journée : le collègue qui a renversé son café, votre petite fierté du jour, ce qui vous a agacé dans le métro. Vous lui montrez comment on fait, et très souvent la réponse arrive : « Ah, nous aussi aujourd’hui… »

4. Se mettre à côté plutôt qu’en face

Assis l’un en face de l’autre, on se sent vite interrogé. Côte à côte, en faisant autre chose, la parole circule mieux :

  • En voiture : les regards sont tournés vers la route et le trajet a une fin, c’est rassurant. Beaucoup de confidences naissent sur la banquette arrière.
  • En marchant : le trajet à pied jusqu’à l’école, un tour de vélo ensemble.
  • Les mains occupées : pâte à crêpes, puzzle, Uno, coloriage.
  • Le soir dans son lit : lumière douce, journée terminée, c’est souvent l’heure où les petits soucis remontent.
  • Avec les plus jeunes : un dessin, une histoire inventée ensemble ou une marionnette qui « raconte sa journée » laissent souvent passer ce qui ne sort pas en direct.
Le jeu du « soleil et nuage » : au dîner, chacun partage le soleil de sa journée (un bon moment) et son nuage (un moment plus gris). Parents en premier. Certains soirs il dira juste « pas de nuage », et c’est très bien aussi.

Accepter de ne pas tout savoir

Pour beaucoup de parents, c’est le plus difficile. Pourtant, avoir des pensées qui n’appartiennent qu’à soi fait partie du chemin pour devenir quelqu’un. Ce n’est pas contre vous : c’est pour lui.

Votre mission n’est pas d’être informé de tout. C’est d’être celui ou celle qu’il viendra chercher le jour où quelque chose le tracasse vraiment. Pour ça, une phrase de temps en temps suffit :

« Tu as l’air un peu soucieux depuis quelques jours. Ma porte est ouverte, ce soir ou dans un mois. »

Quand ce silence mérite votre attention

Un enfant réservé qui a de l’appétit, s’endort facilement, voit ses copains et continue ses activités se porte en général très bien. Soyez plus vigilant si le changement est soudain, chez un enfant d’habitude bavard, et s’il s’accompagne d’autres signaux : une tristesse qui s’installe, un repli sur soi, des maux de ventre avant l’école, des nuits agitées, moins d’envie de manger ou de faire ce qu’il adorait. Dans ce cas, parlez-en sans tarder à votre médecin ou à un professionnel, qui l’aidera à exprimer ce qui le travaille.

Vous vous reconnaissez dans cette situation ?

Chaque enfant est différent. En séance, on part de votre situation pour trouver ce qui marche vraiment chez vous. Au cabinet du 17e ou en visio.

Vous hésitez sur ce qui freine votre enfant ? Faites le test en 3 minutes →

Candice Anzel, coach parentale et scolaire, hypnothérapeute et sophrologue à Paris 17e. Ancienne professeure des écoles, auteure (Flammarion, Marabout) et chroniqueuse TV. En savoir plus

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