Guerre, attentat, catastrophe : comment parler de l’actualité à son enfant
Au dîner, la radio parle d’une guerre. Votre fille de 7 ans pose sa fourchette : « Maman, la guerre, elle peut venir chez nous ? » Vous êtes pris de court. Faut-il la rassurer tout de suite, changer de sujet, tout lui expliquer ?
On aimerait mettre nos enfants sous cloche. Mais entre les écrans de la maison, les conversations des adultes et la cour de récré, ils entendent tout, souvent par bribes. Et une information à moitié comprise fait beaucoup plus peur qu’une information expliquée.
Ce que l’enfant fait d’une info qu’il ne comprend pas
Un enfant qui entend un mot effrayant sans explication comble les trous avec son imagination. Et son imagination va toujours plus loin que la réalité. Un attentat à 800 kilomètres devient une menace dans sa rue ; une inondation à l’autre bout du monde, un danger pour sa maison.
J’aime comparer ça à un bruit dans le noir : tant qu’on ne sait pas ce que c’est, il est terrifiant. Dès qu’on allume la lumière et qu’on voit que c’est le chat, la peur retombe. Parler de l’actualité, c’est allumer la lumière.
5 repères pour en parler
1. Partir de ce qu’il sait
« Qu’est-ce que tu as entendu ? Qu’est-ce que tu en as compris ? »
Vous découvrirez parfois qu’il en sait plus que vous ne pensiez, ou qu’il a tout mélangé. Vous pourrez alors corriger, compléter, sans lui apporter plus d’informations qu’il n’en demande.
2. Des mots simples et vrais
Pas de détails choquants, mais pas de mensonge non plus. « Dans un pays loin d’ici, deux pays se battent. C’est grave et c’est triste. Ici, nous sommes en sécurité. » Adaptez à son âge : une phrase ou deux pour un petit, un peu plus d’explications pour un enfant de 10 ans, une vraie discussion avec un ado.
3. Le rassurer sur sa sécurité
C’est sa vraie question, même quand il ne la pose pas : « Est-ce que ça peut m’arriver ? Est-ce que vous allez bien ? » Dites-lui ce qui le protège : la distance, les adultes qui veillent sur lui, les secours, les gens qui travaillent pour que ça s’arrête.
4. Montrer les aidants
Dans chaque drame, il y a des pompiers, des soignants, des bénévoles, des gens qui aident. Les lui montrer change le récit : le monde n’est pas seulement dangereux, il est aussi plein de personnes qui protègent. Et s’il a envie d’agir, un dessin, un don de jouets, une collecte à l’école peuvent l’aider à se sentir moins impuissant.
5. Accueillir ses émotions… et les vôtres
Il peut être triste, en colère, inquiet, ou sembler indifférent et repartir jouer. Tout est normal. Vous avez aussi le droit d’être touché : « Moi aussi ça me rend triste. Et on est ensemble. » Ce qui l’inquiète, c’est surtout de sentir un adulte paniqué.
Le protéger des images
- Pas de chaîne d’info en continu allumée en fond quand les enfants sont là. Les images tournent en boucle et donnent l’impression que le drame se répète.
- Attention aux écrans des grands : sur les réseaux, les ados tombent sur des vidéos très violentes, sans filtre. Parlez-en avec eux.
- Privilégiez les médias jeunesse, conçus pour expliquer l’actualité aux enfants avec des mots et des images adaptés.
Quand s’inquiéter ?
Si plusieurs semaines après, votre enfant fait des cauchemars, refuse de se séparer de vous, a peur de sortir, pose sans cesse les mêmes questions ou semble envahi par ce qu’il a vu, il a peut-être été plus marqué qu’il n’y paraît. C’est encore plus vrai s’il a été témoin direct d’un événement ou s’il en a été proche. Un accompagnement peut l’aider à apaiser cette peur. Des approches comme RITMO® ou l’hypnose sont particulièrement adaptées pour alléger la charge émotionnelle d’images marquantes.
J’en parlais aussi en vidéo
Ma chronique sur ce sujet dans l’émission La Quotidienne (SqoolTV).

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