Apprendre en bougeant : quand le corps aide le cerveau à retenir
« Arrête de gigoter et concentre-toi ! » Il se balance sur sa chaise, tape du pied, se lève pour la cinquième fois en dix minutes. Et vous vous demandez comment il va retenir sa leçon s’il ne tient pas en place.
Et si on retournait la question ? Pour beaucoup d’enfants, bouger n’est pas l’ennemi de la concentration. C’est justement ce qui l’aide à se concentrer.
Pourquoi le mouvement aide à apprendre
Le corps réveille le cerveau. Bouger augmente l’afflux de sang et d’oxygène vers le cerveau. Après une activité physique, l’attention et la mémoire sont souvent meilleures. C’est pour ça qu’une récré bien remuée aide à mieux suivre le cours d’après.
Certains enfants ont besoin de bouger pour se concentrer. Chez eux, le mouvement aide à canaliser l’énergie et à garder le cerveau « allumé ». Les forcer à rester immobiles leur demande tellement d’effort qu’il ne leur reste plus d’énergie pour apprendre. C’est souvent le cas des enfants très actifs ou avec un TDAH.
Le corps aide à mémoriser. Associer un geste, un rythme ou un déplacement à une information crée une trace supplémentaire dans la mémoire. On retient mieux ce qu’on a vécu avec son corps.
J’aime comparer ça à une batterie qu’on recharge. Rester assis longtemps la vide. Quelques minutes de mouvement la rechargent.
Des idées pour apprendre en bougeant à la maison
1. Réciter en marchant
Leçon d’histoire, poésie, définitions : on récite en faisant le tour du salon, en montant les escaliers, en marchant dans le jardin. Beaucoup d’enfants (et d’adultes !) retiennent mieux en marchant.
2. Les tables de multiplication en rythme
On les récite en sautant à la corde, en lançant une balle, en tapant dans les mains. Le rythme aide à mémoriser, et ça devient un jeu.
3. La marelle des mots
Des feuilles au sol avec des mots, des chiffres ou des sons. « Saute sur le mot qui s’écrit avec un é ! » « Saute sur le résultat de 6 × 7 ! » Révisions et dépense d’énergie en même temps.
4. Mimer pour retenir
Un mot de vocabulaire, une notion de sciences, un personnage historique : on l’associe à un geste. Le jour du contrôle, le geste revient… et le mot avec.
5. Des pauses actives
Toutes les 15 à 20 minutes de devoirs, deux minutes de mouvement : dix sauts, une danse, faire l’avion, aller boire un verre d’eau. Ce n’est pas du temps perdu : c’est ce qui permet de tenir la séance suivante.
6. Changer de position
Travailler debout, allongé sur le ventre, assis sur un gros ballon, avec une balle à malaxer dans la main. Chaque enfant a sa position de concentration. Laissez-le tester.
Et à l’école ?
De plus en plus d’enseignants intègrent le mouvement en classe : pauses actives, coussins d’assise, bureaux debout. Si votre enfant a vraiment besoin de bouger, vous pouvez en parler avec l’enseignant : un petit aménagement (une balle à malaxer, le droit d’aller distribuer les feuilles) peut changer beaucoup de choses.
Quand se faire accompagner ?
Si votre enfant n’arrive vraiment pas à se concentrer, se décourage, ou si l’agitation l’empêche d’apprendre, il peut être utile d’en parler à votre médecin, pour écarter ou repérer un trouble de l’attention. En coaching scolaire, on aide l’enfant à découvrir sa façon d’apprendre, à s’organiser et à reprendre confiance en ses capacités.
J’en parlais aussi en vidéo
Ma chronique sur ce sujet dans l’émission La Quotidienne (SqoolTV).

La vidéo ne se lance pas ? La regarder sur YouTube
Vous vous reconnaissez dans cette situation ?
Chaque enfant est différent. En séance, on part de votre situation pour trouver ce qui marche vraiment chez vous. Au cabinet du 17e ou en visio.
Vous hésitez sur ce qui freine votre enfant ? Faites le test en 3 minutes →