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Motivation et devoirs

Devoirs à la maison : comment sortir des crises du soir

Par Candice Anzel · 7 min de lecture

« Je sais pas faire. » « C’est trop dur. » « J’en ai marre. » Il est 19 h, la feuille d’exercices n’a pas bougé depuis quarante minutes, et vous sentez la moutarde monter. Si les devoirs sont devenus le moment le plus tendu de votre soirée, vous n’êtes vraiment pas seul.

J’ai été professeure des écoles pendant des années, et aujourd’hui j’accompagne beaucoup de familles sur ce sujet. Ce que je vois presque toujours : le problème n’est pas l’exercice. C’est tout ce qu’il y a autour.

Pourquoi les devoirs coincent autant

La fatigue. Après six heures d’école, la cantine bruyante, la récré, la garderie… le cerveau de votre enfant est en « mode économie d’énergie ». Lui demander de se concentrer à nouveau à 18 h, c’est comme demander un sprint à quelqu’un qui sort d’un marathon.

La peur de mal faire. Beaucoup d’enfants qui « traînent » sont en réalité des enfants qui ont peur de se tromper. Tant qu’on n’a pas commencé, on ne peut pas échouer. La procrastination est souvent une protection.

Le changement de rôle du parent. Quand vous devenez « le prof », la relation change. Votre enfant n’a pas envie de vous décevoir, vous avez envie qu’il réussisse… et la moindre erreur prend une charge émotionnelle énorme, des deux côtés.

7 repères pour des devoirs plus sereins

1. D’abord recharger, ensuite travailler

Goûter, se défouler dehors 20 minutes, souffler. On ne se met pas aux devoirs en enlevant son manteau. Un corps qui a bougé et mangé se concentre beaucoup mieux.

2. Un rituel toujours identique

Même heure, même endroit, même déroulé. Le cerveau aime la prévisibilité : moins il a de décisions à prendre (« on le fait quand ? », « où ? »), moins il y a de négociation.

3. Commencer par le plus facile

Contrairement à ce qu’on croit souvent, commencer par une petite tâche réussie donne de l’élan. Une première victoire rapide (« voilà, la poésie est relue ! ») met le cerveau en mouvement.

4. Découper en petites missions

« Fais tes devoirs » est une montagne. « Fais les trois premières lignes de l’exercice 2 » est une marche. Pour les enfants qui se découragent vite, un minuteur de 10 à 15 minutes, suivi d’une petite pause, fonctionne très bien.

5. Être à côté, pas à la place

Votre rôle n’est pas de vérifier chaque mot, mais d’être une présence rassurante. Restez dans la pièce, occupé à autre chose. Votre enfant vous appelle s’il bloque. Et quand il bloque, posez une question plutôt que de donner la réponse : « Qu’est-ce que la consigne te demande ? Par quoi tu pourrais commencer ? »

6. Féliciter l’effort, pas seulement le résultat

« Tu es resté concentré tout l’exercice, alors que c’était difficile. Bravo. »

Cette phrase construit bien plus de motivation qu’un « tu es intelligent ». L’enfant comprend que ce qui compte, c’est ce qu’il fait, et ça, il peut le reproduire.

7. Savoir arrêter

Au-delà d’un certain temps (environ 20 minutes en primaire, un peu plus au collège), on n’apprend plus, on s’épuise. Si ça ne passe pas, vous avez le droit d’écrire un petit mot à l’enseignant : « Il a travaillé 25 minutes et n’a pas pu finir. » Préserver la relation est plus important qu’un exercice terminé.

Le petit test à faire cette semaine : chronométrez discrètement le temps où votre enfant travaille vraiment pendant les devoirs. Souvent, sur 45 minutes, il y en a 10 de travail et 35 de négociation. C’est sur ces 35 minutes qu’il faut agir, pas sur l’exercice.

Et si c’est vous qui n’en pouvez plus ?

C’est fréquent, et ce n’est pas un échec. Certains parents trouvent une solution en alternant (un soir papa, un soir maman), d’autres en confiant les devoirs à un grand-parent, un voisin étudiant ou une aide aux devoirs. Sortir du face-à-face suffit parfois à tout débloquer.

Quand les difficultés cachent autre chose

Si malgré tout les devoirs restent un combat quotidien, il peut y avoir autre chose derrière : un manque de méthode, une grosse perte de confiance, une anxiété scolaire, un trouble de l’attention ou des apprentissages (DYS, TDAH) pas encore repéré. Dans ces cas-là, ce n’est pas une question de volonté. Un accompagnement permet de comprendre ce qui bloque, de trouver la façon d’apprendre qui convient à votre enfant, et de remettre de la sérénité à la maison.

J’en parlais aussi en vidéo

Ma chronique sur ce sujet dans l’émission La Quotidienne (SqoolTV).

Candice Anzel dans l’émission La Quotidienne (SqoolTV)

La vidéo ne se lance pas ? La regarder sur YouTube

Vous vous reconnaissez dans cette situation ?

Chaque enfant est différent. En séance, on part de votre situation pour trouver ce qui marche vraiment chez vous. Au cabinet du 17e ou en visio.

Vous hésitez sur ce qui freine votre enfant ? Faites le test en 3 minutes →

Candice Anzel, coach parentale et scolaire, hypnothérapeute et sophrologue à Paris 17e. Ancienne professeure des écoles, auteure (Flammarion, Marabout) et chroniqueuse TV. En savoir plus

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