Mon enfant n’écoute pas ce que je dis : 5 consignes à réécrire pour être enfin entendu
« Mets tes chaussures. » Rien. « Tes chaussures ! » Il construit une tour de Kapla. « Mais tu m’entends ? Ça fait cinq fois que je te le dis ! » Il lève les yeux, sincèrement surpris : « Quoi ? »
Un enfant qui n’écoute pas n’est pas forcément un enfant qui vous défie. Très souvent, la consigne n’est tout simplement pas arrivée jusqu’à lui. Quand j’étais professeure des écoles, j’ai appris une chose : ce n’est pas le volume qui fait passer un message, c’est sa forme.
Pourquoi mon enfant n’écoute pas ?
Le cerveau d’un enfant est fait pour plonger tout entier dans ce qu’il fait. Quand il joue, le reste du monde baisse le son. Votre voix depuis la cuisine devient un bruit de fond, comme la radio. Ce n’est pas de l’insolence, c’est de la concentration.
Ajoutez à cela trois pièges : les consignes trop longues, les consignes formulées en négatif, et les consignes répétées au point qu’elles ne veulent plus rien dire. Un enfant apprend vite que la vraie consigne, c’est la cinquième, celle avec la grosse voix.
5 consignes ratées, et leur version qui marche
1. Depuis une autre pièce.
Avant : « Viens manger ! » crié du couloir.
Après : vous allez le voir, vous posez la main sur son épaule, vous attendez qu’il vous regarde. « Dans deux minutes, on passe à table. »
2. La consigne-liste.
Avant : « Va te laver les dents, mets ton pyjama, range ton cartable et n’oublie pas ta gourde. »
Après : une seule étape à la fois. « Les dents. » Puis, quand c’est fait : « Le pyjama. »
3. Le « ne… pas ».
Avant : « Ne cours pas ! »
Après : « On marche. » Le cerveau retient mal la négation : il entend surtout « cours ».
4. La question qui n’en est pas une.
Avant : « Tu veux bien ranger tes jouets ? »
Après : « C’est l’heure de ranger. Tu commences par les voitures ou par les Lego ? » Vous offrez un choix sur le comment, pas sur le si.
5. Le sermon.
Avant : « Combien de fois je dois te dire que les manteaux, ça ne se laisse pas par terre, tu crois que je suis ta bonne… »
Après : un mot, avec le geste. « Manteau. » Et vous pointez le portemanteau.
« Je vais te dire une chose importante. Tu me regardes ? … Merci. Tu peux me répéter ce que j’ai dit ? »
Faire répéter la consigne, sans ironie, c’est vérifier qu’elle est arrivée. Et c’est souvent là que vous découvrez qu’il n’avait retenu que la moitié.
Selon l’âge
- 3-5 ans : une consigne, un geste, une image. Il agit mieux s’il vous voit faire ou si vous transformez l’ordre en jeu (« Qui arrive le premier à la salle de bain ? »).
- 6-8 ans : il peut retenir deux étapes. Les routines dessinées l’aident à ne plus dépendre de votre voix.
- 9-10 ans : il a besoin de comprendre le pourquoi et d’avoir sa part de décision. Négociez le moment, pas la règle.
Quand consulter, et qui ?
Si malgré des consignes claires rien ne passe, si chaque demande tourne au conflit, ou s’il semble « ailleurs » aussi à l’école, il vaut la peine d’en parler. Une difficulté d’attention mérite parfois un bilan ; mon article sur le TDAH au quotidien peut vous aider à y voir plus clair. Côté parents, l’accompagnement Parents Zen vous aide à retrouver une autorité calme : en séance, nous rejouons vos scènes du quotidien et nous réécrivons vos phrases, comme ci-dessus, mais sur mesure. Et si la non-écoute cache surtout des émotions qui débordent, mon programme Emokids, consacré aux émotions de l’enfant, travaille directement avec lui.
Questions fréquentes
Pourquoi mon enfant écoute les autres mais pas moi ?
Avec vous, il se sent en sécurité, donc il teste et il lâche. C’est aussi qu’à la maison, les consignes sont plus nombreuses et souvent dites en passant.
Faut-il punir un enfant qui n’écoute pas ?
Vérifiez d’abord que la consigne a été entendue et comprise. Si c’est le cas, une conséquence logique (le jouet non rangé est mis de côté) est plus utile qu’une punition.
À quel âge un enfant peut-il suivre deux consignes d’affilée ?
Souvent vers 5 ou 6 ans, et pas en fin de journée quand il est fatigué. Avant, une seule étape à la fois reste la règle.
Vous vous reconnaissez dans cette situation ?
Chaque enfant est différent. En séance, on part de votre situation pour trouver ce qui marche vraiment chez vous. Au cabinet du 17e ou en visio.
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